L'Été Diabolik

de Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen

Edition Dargaud, 2016, 168 pages, 21€

Un agent secret sorti de nulle part, un accident dramatique, une fille troublante et la disparition de son père, le tout en deux jours... Pour Antoine, 15 ans, l'été 1967 sera celui de toutes les découvertes. Après Souvenirs de l'empire de l'Atome, les auteurs proposent un nouveau cocktail détonant et jouissif : un scénario particulièrement haletant, entre espionnage et littérature, passé au mixeur graphique de Clérisse qui, cette fois, mélange les références des fumetti à David Hockney.

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Entretien avec Thierry Smolderen à propos de L'Été Diabolik

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Thierry Smolderen explique la naissance de la bande dessinée

 



Piste de travail - la bo de la bd par Xavier Orain

Thierry Smolderen comme Alexandre Clérisse partagent, en plus de la bande dessinée, une passion immodérée pour la musique. Le premier joue de la guitare depuis tout petit et admire Django Reinhardt et Wes Montgomery, le second a initié un collectif de musiciens et de dessinateurs au travers du collectif « La Pie Lotoise » et a déjà publié Jazz Club en 2007, un album mêlant musique et bd. Forcément, on comprend que l'écriture d'un album sur l'été 67 les engageaient à faire quelques clins d'oeil aux bandes sons de l'époque. On peut d'abord s'amuser à repérer les quelques objets iconiques glissés dans l'album, ici un autocollant des Rolling Stones (la fameuse langue qui n'apparaîtra qu'en 1970, sur l'album Sticky Fingers), là une guitare Telecaster, ailleurs encore les discrètes paroles d'une mélodie sixties. Mais il serait encore meilleur de s'écouter une bande son idéale en relisant l'album : une musique qui chante agréablement à l'oreille, qui sent bon le sable chaud, les premières amours, heureuses ou malheureuses, les soirées dansantes sur les bords de piscine, et, peut-être, une certaine idée de l'utopie et de la création qui n'est pas sans éveiller en nous un brin de nostalgie heureuse...

D'un album à l'autre, d'une icône à l'autre : quelques prolongements musicaux...

- Alors, d'abord, évidence de l'évidence, pour la sublime scène d'amour psychédélique p.69 et pour sa reprise ridicule par un chanteur yéyé p.84 (« chef d'oeuf péééle »), A Whiter Shade of Pale de Procol Harum (1967), et aussi pour sa garde robe haute en couleur.

- Pour l'ambiance James Bond de1967 : c'est Nancy Sinatra qui chante le générique de We Only Live Twice.

- Pour l'ambiance James Bond cette fois en version burlesque, avec la première version de Casino Royale, ce qui fait le deuxième James Bond pour la seule année 1967. Burt Bacharach en signe la célèbre B.O.

- Pour honorer la citation de Blow up à la p. 72, la chanson Stroll on des Yardbirds qui apparaissent dans le film d'Antonioni de la même année 1967.

- Dans une ambiance nocturne, plus posée, et anachronique, la page 18 évoque la pochette de Rock Bottom de Robert Wyatt sorti en 1974, l'occasion d'écouter Sea Song qui débute l'album.

- Parce qu'en 1967, on chante Michelle sur le bord des plages française mais aussi au Québec... Comme on ne trouve pas la version originale des Beatles en ligne, écoutons l'étonnante reprise du groupe Les Atomes.

- Pour les couleurs de l'album qui évoquent immédiatement les premières images du film The Yellow Submarine des Beatles. Regardons la bande annonce, faute du film original, non libre de droit.

- Parce qu'il est question de la mort de JFK, ici chantée par The Byrds, en 1965 dans He Was a Friend of Mine.

- Pour l'oeil psychédélique du 13th Floor elevator, 1966.

Et enfin, dans le désordre, 1967 en musique : albums et singles, tubes ou curiosités d'une seule année, qu'on pourrait écouter sur la plage...