Gravity

de Nicolas Provost

Belgique - Expérimental - 2007 - 6 minutes

Des baisers cinématographiques, issus d'une quinzaine de films classiques européens et américains, s'entremêlent dans un effet stroboscopique qui plonge le spectateur dans une étreinte vertigineuse. L'amour devient une lutte passionnée, au cours de laquelle les monstres sont enfin démasqués.

Information : le film est construit sur le principe d'une alternance rapide de plans, ce qui induit un effet de clignotement. 

Piste de travail

Un si long baiser

Le Code Hays de 1934 à 1966 aux États-Unis régulait la représentation du baiser à l'écran, établissant une limite de lascivité qu'il ne pouvait dépasser. L'anecdote est connue : Hitchcock contourna cette censure dans Les Enchaînés (1946) en entrecoupant l'étreinte entre Ingrid Bergman et Cary Grant de dialogues et déplacements pour l'étirer au maximum. Naquit ainsi la légende du plus long baiser de cinéma, dont des extraits sont repris ici. Leur proposer de visionner ce plan-séquence source permettrait aux élèves de repérer les choix de mise en scène opérés par le réalisateur pour représenter le baiser : le couple est d'abord filmé en plan-taille, de profil, puis un zoom resserre le cadrage pour saisir les regards alors que les personnages s'enlacent. Un travelling avant les suit dans leur déplacement sans modification de l'échelle de plan : seuls les visages qui se touchent et s'échangent quelques mots importent désormais. 

L'extrait évoqué est visible ici à partir de 0,34 s.

Thomas Anquetin