Le Vampire

Jean Painlevé

1939-1945 – France – Documentaire/film scientifique – 9 minutes

Un cobaye est placé en présence de cette chauve-souris d'Amérique du sud. On observe la lente approche de la proie, son anesthésie, la découpe de la chair et la succion du sang.


Piste de travail - Anthropomorphisme / zoomorphisme

Du lapin d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll au corbeau des Fables de Jean de La Fontaine, l'histoire de l'art regorge d'exemples d'anthropomorphisme, ce procédé qui consiste à donner aux animaux des attributs humains. Au cinéma, on pense aux nombreuses créatures de Tex Avery (Bugs Bunny, Daffy Duck, Titi et Grosminet, Pépé le putois...) et de façon plus évidente encore à Walt Disney (Bambi, La Belle et le Clochard, Le Livre de la jungle pour n'en citer que quelques uns). Jean Painlevé utilise également l'anthropomorphisme mais d'une façon plus ambiguë que Disney, sans systématisation. Après avoir demandé aux élèves de repérer ce qui relève de cette figure de style dans le commentaire en off, ils écriront leur propre description, d'un point de vue anthropomorphique, du desmodus rotondus.

Poussée à son paroxysme, la personnification de la chauve-souris aboutit à l'émergence de la figure du vampire, celle du mythe. De ce point de vue, c'est de zoomorphisme dont il faudrait alors parler dans la mesure où il s'agit d'une figure humaine qui emprunte au comportement animal. Pour comparer l'animal à la créature mythique, on pourra s'appuyer sur une image de Nosferatu de Murnau (1922), première apparition du vampire au cinéma incarnée par un Max Schreck terrifiant. En progressant dans l'histoire du cinéma, du Dracula de Coppola aux plus récents Twilight de Catherine Hardwicke et Morse de Tomas Alfredson, on pourra noter que l'animalité, la monstruosité des personnages de vampire semble s'estomper, du moins en apparence. Que subsiste-t-il de la chauve-souris dans les occurrences contemporaines de la figure du vampire ?

Adrien Heudier

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