150 professionnels de l'image pour poser les bases d'une collaboration interrégionale !

Ciclic Centre-Val de Loire a organisé, en partenariat avec la Plateforme-Pôle cinéma et audiovisuel des Pays de la Loire et Films en Bretagne-Union des professionnels bretons 2 temps, 3 mouvements : les premières rencontres interprofessionnelles et interrégionales réunissant plus de 150 professionnels de l'image des régions Centre-Val de Loire, Bretagne et Pays de la Loire.

Trois filières régionales, aux enjeux proches voire identiques et deux journées pour favoriser leurs rencontres et leurs collaborations. A l’échelle individuelle d’abord, pour permettre l’émergence de nouveaux projets audiovisuels et cinématographiques, toujours plus ambitieux et toujours plus diversifiés ; mais également à l’échelle collective, pour penser ensemble l'avenir des professionnels régionaux.

Les 28 et 29 mars 2019, à Tours, les producteurs, auteurs, techniciens et télédiffuseurs de nos trois régions ont eu l'occasion de poser les bases d'une réflexion commune autour :

- Des enjeux du développement de la productions de fiction TV régionales ;

- Des besoins communs en matière de formation professionnelle ;

- Des enjeux de la distribution des oeuvres régionales ;

Pour faire suite au riche programme de cet événement, l'agence vous invite à découvrir les comptes-rendus de ces différents ateliers :

DEVELOPPER LA FICTION TV REGIONALE  :

Articulé autour des projets de série soutenus par les COM TV régionaux de Bretagne et du Centre-Val de Loire : Hospice Odyssey de Grégoire Lemoine, produite par Vivement Lundi et Girelle production et Portes du Vent d'Olivier Broudeur, produit par les 48èmes rugissants; cet atelier a permis de démontrer l'enjeux pour nos trois territoires de soutenir le développement de tel format.

Marqué par l'arrivée des plateformes, le système de production de la fiction TV française, en perte d'audience, essaye d'évoluer. La réforme de France TV en témoigne. Il ne s'agit plus de parler seulement de télédiffusion mais de diffusion au sens large, de manières de toucher le public. Or, les fictions sont d’énormes vecteurs d’audience pour leschaines. L'urgence pour les télévisions française est aujourd'hui d'arriver à garantir des conditions suffisament attractives pour des talents du territoire (producteurs ou auteurs) qui risquent de fuir vers les plateformes. 

En ce sens, les chaines locales et régionales ont un rôle primordial à jouer ! En effet, grâce à la flexibilité de leur grille et/ou de la délinéarisation des contenus, elles sont en mesure de garantir aujourd'hui, une liberté de ton, de durée et contenu, à la fois attractive et utile à la création de projets de fiction originaux, pensés en cohérence avec l'économie territoriale. Ici, les projets de série d'animation (adultes ou jeunes publics) offrent de belles opportunités.

De plus, principalement financées par les COM TV régionaux, les télévisions locales sont de fait inscrites dans une logique d'accompagnement et de structuration des filières régionales. Ainsi, soutenir la diffusion de la fiction répond aussi à une volonté d’être à l’écoute de l’évolution des filières régionales, évolution rendue notamment possible grâce à un dialogue continu avec les professionnels régionaux.

Aujourd'hui plus que jamais, le développement des fictions TV régionales pose aujourd'hui la nécessité d'une coopération interrégionale, notamment entre les différents télédiffuseurs et COM TV de nos trois régions, mais interroge également vivement l'absence de financement des télévisions locales par l'état.

Il convient aujourd'hui que les télédiffuseurs de nos trois régions, en cohérence avec leurs régions, leurs ressources, et leurs éditorialités, parviennent à poser les bases d'une collaboration permettant de favoriser l'émergence de nouveaux projets de fiction TV.

 DEFINIR DES BESOINS COMMUNS EN MATIERE DE FORMATION PROFESSIONNELLE

Les filières régionales de l'image du Centre-Val de Loire, des Pays de la Loire et de la Bretagne partagent beaucoup de caractéristiques communes :

  • Majoritairement tournées vers le documentaire, elles ont amorcé depuis quelques années un développent progressif vers l'animation, bien conscientes que la diversité de la création et des formats était un enjeu pour elles.
  • Le renouvellement des talents est également un point central des préoccupations des professionnels de nos régions, c'est pourquoi les filières sont également très attachées à la question de l'émergence de nouveaux talents et du soutien qu'il peut être apporté.
  • Enfin, les professionnels régionaux aspirent aussi à se développer à l'international, convaincus que leurs savoir-faire et les oeuvres qu'ils produisent ont une place à prendre sur le marché global de l'audiovisuel et du cinéma. L'international représente également pour eux de nouvelles ressources nécessaires au développement de leurs projets professionnels et entreprenariaux

Au vu de ces similitudes, les professionnels régionaux ont souhaité définir leur besoins communs en terme de formation professionnelle, afin de répondre aux enjeux liés à la diversification de la création, à l'émergence de nouveaux talents et au développement international. 

Nous vous invitons à retrouver ci-après, les besoins en formations et en accompagnement exprimés, en matière de :

 

DIVERSIFICATION DE LA CREATION DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL  SOUTIEN A L'EMERGENCE  AUTRES PROPOSITIONS

 

Ces besoins permettront, dans un deuxième temps, d'élaborer un programme interrégional d'accompagnement et de formation professionnelle.

PENSER LA DISTRIBUTION DES OEUVRES REGIONALES

Comment faire pour que les œuvres régionales soient vues et sortent de leur territoire ? Les producteurs régionaux, déjà très accaparés par la production de leurs films n'ont souvent plus le temps nécessaire pour réfléchir à leur diffusion et distribution. Pour autant, chaque oeuvre produite et réalisée n'a pas d'autre vocation que d'être montrée, exposée.

Pour répondre à ce besoin, les professionnels s'interrogent : faut-il créer un « Unirégion » à l’image d’Unifrance, un organisme qui travaille à la promotion des films ? Ou s'inspirer du modèle fonds scandinaves qui possèdent des personnes dédiées à la promotion des films, mais qui s’arrogent les droits de diffusion, ce qui limite l’intérêt pour les producteurs? 

Pour autant, ils affirment leur envie de sortir des instituions, de mener des actions directement gérées par les porteurs de projets. En ce sens deux initiatives régionales, une de Bretagne, l'autre de Centre-Val de Loire, semblent offrir des pistes de collaborations interrégionales intéressantes.

Jules Raillard - Les Films de Rita et Marcel - Bretagne présente les réflexions qu'il a menées pour le compte de Films en Bretagne concernant la distribution du court-métrage.

Il souhaiterait se rapprocher du fonctionnement de MANIFEST, structure associative née de la volonté de producteurs parisiens de mutualiser leurs inscriptions en festival puis les ventes télé et internationales.  « Aujourd’hui Manifest travaille en tant que distributeur (ventes & festivals) pour un catalogue de plus de 90 films, pour 15 sociétés de production. Manifest s’occupe de 20 à 25 films par an moyennant une adhésion 40 à 80E par mois. » (Source : http://manifest.pictures/)

Le collège de producteurs de la région Bretagne a établi un état des lieux pour évaluer un volume d’œuvres qu’une éventuelle association pourrait porter chaque année. La réflexion a également évolué sur le bien-fondé à créer une association avec plusieurs régions. Les rencontres « 2 temps, 3 mouvements » sont « un point de départ pour réfléchir ensemble à un projet commun »  qui pourrait être ouvert à d'autres régions. 

Il serait aujourd'hui intéressant que le questionnaire ayant servi à l'état des lieux effectué en Bretagne puisse être aujourd'hui diffusé en Région Centre-Val de Loire et Pays de la Loire.

Céline Maugis - La Vie est Belle - Centre-Val de Loire présente les réflexions qu'elle a menées avec 3 autres productrices : Sophie Erbs (Gaijin), Laura Townsend (La Ruche productions) et Nidia Santiago (Ikki Films).

Aujourd’hui la distribution en salles est difficile, le choix a donc été fait de s’orienter vers une mutualisation des ventes internationales jugée plus évidente avec plus de films sous-titrés pour une meilleure circulation à l’international. Cet axe de réflexion pourrait être couplé avec des opérations avec les salles de la région.

Le projet est aujourd’hui au stade de la modélisation financière, et pourrait s’ouvrir à d’autres sociétés notamment sur le long-métrage documentaire afin de garder des complémentarités. 

Ce premier temps d'échange a permis de poser le premier jalon d'une réflexion commune à l'échelle de nos trois régions. Il est maintenant proposer de :

  • Préciser dans chaque région, les besoins et les sociétés désireuses de s’impliquer sur cet enjeu. A cette fin, le questionnaire ayant servi à l'état des lieux effectué en Bretagne pourra être diffusé en Région Centre-Val de Loire et Pays de la Loire.
  • D'organiser un autre temps de réflexion collective à ce sujet, lors de la prochaine rencontre inter-régionale en Pays de la Loire ou à l'occasion des rencontres de St Quay-Portrieux, en y associant les autres acteurs concernés : les exploitants, les associations de diffusion et les distributeurs régionaux.