Los, un film de James Benning

Dans le cadre de la résidence "Portrait de ville, portrait de soi" de Stéphane Bouquet.

Etats-Unis / 2000 / 90 minutes
Portrait de Los Angeles.
présenté par Stéphane Bouquet, poète et critique de cinéma.

"À la fin des années 1960, Benning tourne ses premiers courts-métrages dans la tradition du cinéma expérimental américain, dont il élargit le champ en y introduisant la narration figurative. En près de quarante ans, seul avec son Nagra et sa caméra 16mm, il a composé de film en film le plus majestueux et pénétrant portrait de l’Amérique. De l’expérimental, il a retenu la rigueur formelle, le goût des contraintes conceptuelles qu’il se donne pour cadrer son regard et son écoute. Mais au-delà des jeux formels, c’est l’Amérique qu’il n’a cessé de « regarder et écouter », selon le titre d’un de ses cours au prestigieux institut Cal Arts.

D’abord les paysages, naturels et urbains : ceux de son Midwest natal (11 x 14, One Way Boogie Woogie), puis de l’Ouest américain, dont il est devenu, depuis le début des années 1990, le patient et passionné topographe et géographe. Mais sous les paysages, entre les ciels sublimes (10 Skies, 13 Lakes) et les extravagances géologiques de l’Utah (Deseret, Four Corners), c’est l’histoire d’un pays et d’une nation qu’il fait voir et entendre.

Sous la splendeur des paysages, la violence de l’histoire : sans déclaration ni mot d’ordre, par la stricte rigueur d’une observation des lieux et des espaces, James Benning fait aussi un cinéma politique : celui d’un artiste, solitaire et engagé dans son époque, celui d’un homme cherchant sa propre mesure, sa propre tenue dans l’étendue spatiale et la profondeur temporelle de son pays."
Dossier de presse de la rétrospective James Benning au Jeu de paume.

Ce film s'inscrit également dans le cycle cinéma "Chroniques américaines" qui se poursuit, en 2015, avec deux rendez-vous à ne pas manquer :
Mardi 24 février : Bright Leaves de Ross McElwee
Mercredi 25 février : Lost, Lost, Lost de Jonas Mekas