Patrimoine et théâtre

Retours vers le Futur 2018 accueille à l'Apollo pour la soirée d'ouverture du 21 mars à 20h30, une pièce inspirée du roman d'Annie Ernaux, Les Années, roman édité en 2008 chez Gallimard, prix Marguerite-Duras, prix François-Mauriac de la région Aquitaine et prix de la langue française.

Nous avons demandé à Claire Fristot, aka A-li-ce, de nous dire quelques mots sur son travail vidéo pour athra & cie. Compagnie théâtrale clermontoise, 20 ans d’existence, née de la rencontre d’Olivier Papot et de Béatrice Chatron, et qui se définit comme « Touche à tout, curieuse, enthousiaste et passionnée,… [aimant] le théâtre sous toutes ses formes et n’[ayant] de cesse d’explorer des univers et des styles différents ».

Ciclic : Claire, nous te connaissons depuis plus de quatre ans pour tes interventions sur les différentes scènes musicales alternatives européennes en Vjing avec ton complice Jan alias Swub. Maintenant le théâtre ?

Claire : « Lorsque la compagnie athra, avec qui je travaille depuis plusieurs années en tant que collaboratrice artistique, m'a proposé de les rejoindre pour le spectacle Les Années, il m'est apparu évident de proposer un partenariat avec Ciclic, la question de l'image d'archive étant au centre de leurs projets respectifs.

Forte de plusieurs projets avec Ciclic, notamment la performance audiovisuelle Intruders, créée et présentée au festival Retours vers le futur, une confiance réelle s'est installée avec l'équipe au fil du temps. De plus, ayant déjà une bonne connaissance d'une grande partie du fonds, cela m'a permis d'être efficace. »

 

Ciclic : Le théâtre nous intéresse comme généralement toutes les formes de création  mais les incursions des images d’archives amateurs dans l’univers du spectacle vivant ne nous semble pas évidente.

Claire : « Côté athra, Olivier Papot et Béatrice Chatron m'ont demandé dans un premier temps de faire des recherches sur des décennies précises, avec des mots-clés issus de l'écriture du spectacle, dont les repas de famille, scènes qui rythment la dramaturgie et témoignent des différentes générations qui se succèdent à la table.

Le premier travail a donc été le visionnage et la sélection des matériaux selon des critères de recherches temporels sur le site internet de consultation en ligne de Ciclic, puis des recherches personnelles et intuitives, pour ouvrir le travail des images.

S'en est suivie une longue période d'échanges d'images par email pour sélectionner les images qui allaient être testées sur le plateau lors de la résidence de création avec la vidéo, le son, et la lumière.

Le choix définitif des images a été finalisé durant cette dernière période. 

Travailler et projeter sur scène des images issues des films d'archives, c'est-à-dire des « arrêts sur image provoqués», n'est pas identique au fait de travailler avec des photographies, images déjà fixées dans le temps. L'image « arrêtée » artificiellement contient en elle-même une dimension fantomatique intéressante pour le spectacle vivant. Nous avons notamment fait le choix, pour certains moments du spectacle, de faire plusieurs arrêts sur images dans le même film, de zoomer, etc. De plus, les personnes filmées posent moins devant l'objectif de la caméra, et leur regard est plus naturel au moment où ils l'oublient, ce qui permet de proposer une lecture différente des images. ».