Publié le 08/07/2015

Neuf journaux filmés

Au cours de l'année scolaire 2013-2014, les classes de l'option facultative du lycée Rabelais de Chinon ont travaillé sur le format de l'image. Dans cette perspective, les élèves de première ont expérimenté l'usage du téléphone portable comme outil de création : à la fois comme instrument de prise de vues et de son et comme support d'un regard sur soi.

Nos téléphones portables sont aujourd'hui de véritables caméras de poche. Chacun peut faire des images aisément. C'est l'aboutissement d'un processus entamé dès l'invention du cinéma, qui a permis à de plus en plus d'amateurs de passer derrière la caméra. 

Encadrés par un intervenant professionnel, les lycéens de Chinon ont travaillé à la réalisation de plusieurs courts métrages reprenant les codes du journal filmé. Ces petites œuvres intimes, à l'instar de certaines images d'archives amateurs, participent à l'idée que chacun laisse une trace de soi. Ces images créent et fabriquent notre propre mémoire : filmer au portable est une manière contemporaine d'archiver le présent et le quotidien.

Les élèves ont dû reconsidérer cet objet aussi personnel et ordinaire qu'est le téléphone portable pour en faire un instrument d'exploration de leur environnement, tout en tenant compte de sa spécificité : légèreté et maniabilité mais aussi manque de stabilité, définition parfois médiocre de l'image et de la prise de son... 
Le tournage du journal filmé devait s'effectuer dans l'intimité des élèves avec une totale liberté d'action. Il fallait que les élèves réussissent à dégager le sens de leur film, pour bénéficier du regard distancié de l'autre, en réfléchissant sur ce qui forme l'intérêt et l'originalité de leur œuvre. Les élèves ont dû inventer la forme de leur journal filmé, une structure ou un récit qui permette au spectateur d'accéder à leur univers.

La réalisation de ces pocket films a permis aux élèves de prendre du recul par rapport à l'usage quotidien qu'ils ont du téléphone et en faire un moyen d'expression personnelle. Ils ont appris à lire et à s'approprier les images, enjeu fondamental à l'heure où les adolescents ont presque tous un œil dans la main. Leurs films proposent un regard unique et personnel sur ce qu'ils voient, entendent et vivent.