Publié le 12/04/2017

Les Maroquineries de l'Indre

Les Établissements Nicolas qui deviendront "Les Maroquineries de l’Indre" au milieu des années 1960, font partie intégrante de l’histoire et de la tradition des métiers du cuir à Issoudun. A l'occasion de l'exposition "Louis Vuitton, 100 ans de maroquinerie" qui s'est tenue au Musée Saint-Roch d'Issoudun, focus sur cette entreprise familiale qui a débuté en 1916 son activité de maroquinerie dans la ville.

Dès le Moyen-Âge, Issoudun est connu pour ses travailleurs du cuir que ce soit les parcheminiers, les mégissiers, les tanneurs. C’est une activité prospère. Au 18e siècle, la rivière la Théols est forcée pour que les artisans puissent s’installer sur ses rives. De nombreux élevages de moutons dans la Champagne berrichonne autour d’Issoudun ont favorisé l’implantation et la mise en place de tanneries et de mégisseries à Issoudun. Les créations de mégisseries ont elles-mêmes entrainé la création de maroquinerie.

C’est ainsi qu’en 1916, Emilien Nicolas fonde l’entreprise familiale "Les Établissements Nicolas". Son fils, Daniel Nicolas, né en 1923, commence le métier en 1942. Alors qu’il se destinait à la marine marchande, c’est plutôt du côté de la maroquinerie familiale qu’il s’oriente après des années d’enfance où il s’amusait dans les ateliers à monter des boutons-pression ou fabriquer des porte-monnaie.

En 1966, Daniel Nicolas reprend l’entreprise familiale qui devient alors "Les Maroquineries de l’Indre". En 1972, les ateliers de la place de la Croix de Pierre devenus trop petits pour la modernisation et la rationalisation de l’activité, sont déplacés vers les nouveaux locaux de l’entreprise, route de Migny.

Cette nouvelle usine marque un tournant dans les activités de l’entreprise familiale. Le nombre d’employés passe de 125 à 170 ouvriers (75% de femmes et 25% d’hommes). La productivité augmente de 25% et jusqu’en 1980 l’établissement tourne à plein régime. La décennie 1980 marque cependant un ralentissement pour la maroquinerie française en général, que ce soit pour la fabrication ou le commerce. Beaucoup de maisons disparaissent et ne s’en sortent que les usines travaillant à l’exportation et dans le luxe.

C’est dans ce contexte qu’à la fin 1988, "Les Maroquineries de l’Indre", déjà sous-traitantes pour Vuitton, sont vendues à la marque de haut luxe. Des 450 employés que compte "Les Maroquineries de l’Indre" tous seront embauchés chez Vuitton.