Publié le 16/03/2016

Retours vers le futur - samedi 2 avril 2016

Samedi 2 avril à 15 h

Séance-rencontre à la médiathèque Équinoxe, présentée par Isabelle Berteletti, réalisatrice

Monsieur M, 1968

Isabelle Berletti et Laurent Cibien France, 2011, 55 minutes

À sa mort, des voisins de Monsieur M. ont retrouvé des carnets où il consignait les faits les plus ténus de son existence. Ce vieux garçon, hermétique au bonheur et insensible aux mouvements du monde, fera cohabiter, dans son agenda de 1968, sans aucune forme de hiérarchisation, la manifestation du 13 mai ou l’invasion de la Tchécoslovaquie avec les visites de sa mère chez le dentiste ou la livraison d’un réfrigérateur.

Mêlant les textes du carnet à des archives visuelles et sonores bien choisies, ce documentaire est une étonnante évocation d’un homme d’ordre, pétri de névroses, dans une époque dérangée.

L’exceptionnelle banalité de son quotidien et le laconisme impersonnel des notes de Monsieur M. donnent prise à un imaginaire qu’exploitent les deux auteurs à travers une forme hétérogène parfaitement montée. Cet essai documentaire tire sa lumineuse étrangeté de l’habilité avec laquelle il produit une harmonie riche de sens et de sensations à base d’éléments de factures extrêmement variée (archives de l’ORTF, prises de vue actuelles, reconstitutions, images de vidéos surveillance).

Entrée libre


Samedi 2 avril à 17 h 30

Spectacle (théâtre, musique et cinéma)

Verso-recto Polyphonie pour quatuor et triptyque

Par la Compagnie Assemble

Lætitia Hernot : dramaturgie ; Fabienne Morel et Jacques Duron (Murmures d’archive) : montage de films d’archives amateurs ; Gabriel Foussard : scénographie. 1 h. Spectacle créé au Théâtre du Nord-Ouest en 2015 en partenariat avec le Pôle patrimoine de Ciclic

Verso-recto réunit deux montage-collectes ; des écritures épistolaires sur cartes postales anciennes et des films d’archives amateurs d’une période tragique.

Verso-recto ou les histoires avant l’Histoire est un éloge de la quotidienneté ; délicats instants familiaux laissant entrevoir le tragique sous-jacent. Verso-recto privilégie le sensible des mémoires plurielles, instants frémissants de l’envers de l’Histoire, aux grandes dates qui laissent derrière elles décombres et catacombes. Ces documents mnémoniques s’entrecroisent et se mêlent, reprennent vie dans une polyphonie servie par une diversité d’instruments, des voix parlées et chantées. Par un jeu rythmique, les mots perdent temporairement leur sens faisant écho à la visibilité partielle des cartes postales et aux images dégradées des pellicules anciennes.

Spectacle interprété par Laetitia Hernot : voix parlée et chantée ; Pierre-Yves Colombi : clarinette, voix parlée ; Frédéric Ligier : percussions, harmonica, voix parlée et chantée ; Olivier da Silva : voix parlée

 

Samedi 2 avril à 20 h 45

Séance-rencontre avec François Ribac, compositeur et sociologue 

Phantom of the Paradise

Brian De Palma

États-Unis, 1974, 1 h 31, version restaurée, v.o sous-titrée, avec Paul Williams, William Finley

Le compositeur Winslow Leach se fait voler sa cantate par un grand magnat du disque, Swan, qui cherche une musique pour l’ouverture de son club « Le Paradise ». Swan parvient même à le faire envoyer en prison sous une fausse accusation mais ce dernier parvient à s’en évader et revient, bien décidé à détruire son œuvre…

Film fougueux à la fraîcheur dévergondée, à l’innocence pas nette, Phantom of the Paradise est le premier coup de maître de De Palma et une œuvre éminemment intelligente et subtile.

Notre invité, François Ribac : « Comme de nombreux cinéastes durant les années 60 et 70, Brian De Palma s'est intéressé à la scène rock et en particulier au glam rock. Baroque, satirique, le film célèbre cette nouvelle musique autant qu'il la parodie. De Palma recycle aussi des mythes tels que Faust, Dorian Gray ou le Fantôme de l'Opéra pour mettre en abyme ce qu'il nous montre. Qu'ont en commun ces mythes ? Ils décrivent des personnes qui, grâce à un pacte, cherchent à échapper à la mort, à conserver leur jeunesse. C'est justement de ce nouveau pacte, où micros, caméras, magnétophones et pellicules fixent les corps, dont parle cet étonnant film. »