Publié le 08/10/2019

Rencontre avec Louise Revoyre, coscénariste du projet de série TV "Règnes de cendres"

A l'occasion de la présentation du projet Règnes de cendres (une série en écriture sur Catherine de Médicis et les Valois) aux Rendez-vous de l'Histoire de Blois, dimanche 13 octobre 2019, nous avons rencontré la scénariste tourangelle Louise Revoyre pour qu'elle nous en dise plus sur cette expérience inédite de résidence d'écriture dont le 1er temps de travail a eu lieu en mai dernier dans les murs du Château de Blois. La résidence d'écriture de cette série a bénéficié d'un soutien de Ciclic Centre-Val de Loire.

Pouvez-nous rappeler le concept singulier de cette résidence d'écriture ?

Cette résidence a été conçue pour permettre à des scénaristes, dès l'ébauche de la série, de travailler en étroite collaboration avec des historiens, pour permettre, donc, à la dramaturgie et à l'Histoire de se confronter, de se répondre, afin de faire émerger des idées d'intrigues et de personnages, nourris de vérités historiques et néanmoins, pour certains, authentiquement fictionnels.

Comment avez vous travaillé avec les historiens lors de ce 1er temps de résidence ?  

Nous avions un cadre en forme de personnage : Catherine de Medicis. Nous avons  exploré ensemble, historiens et scénaristes, sous forme de questions-réponses, la destinée de cette femme, de son enfance à sa maturité. Puis nous avons creusé la société de l'époque, l'organisation du pouvoir, le rapport à la religion. Ensuite, nous avons, nous, scénaristes, précisé nos besoins et nos envies en terme de personnage et nous avons commencé à construire des cercles autour de Catherine, suivant les différents fils d'intrigue que nous avions envie de tirer, guidés en cela d'un côté par les résonances qu'ils pouvaient avoir avec notre époque et d'un autre côté par l'universalité des passions et des épreuves qu'ils devraient traverser.

Quel bénéfice avez-vous tiré de pouvoir travailler en immersion au coeur d'un château historique comme celui de Blois ? 

Finir une journée de réflexion et d'apprentissage en parcourant les salles, les escaliers, les coursives et même les chemins dérobés tout en haut des tours qui ont vu vivre certains de nos personnages est évidemment émouvant et porteur. Ce mélange entre notre travail et notre environnement nous a d'ailleurs suivi jusqu'à Paris où, après une journée de travail où nous avions parlé guerre de religions et Saint Barthélémy, après nous être mis d'accord sur un premier titre : La Reine de cendre... nous sommes sortis dans les rues de Paris pour apprendre et voir que Notre-Dame était en flammes.

Comment est-ce que s'organise une résidence qui réunit plusieurs scénaristes sur un même projet ?

Difficile de faire des généralités tellement le travail en atelier dépend de la production qui l'organise, de la série qui se construit et des scénaristes présents. Pour « Règne de cendres », Cyril Gely était à l'origine du (très bon) choix de Catherine de Medicis. Accompagné par Julien Tricard, ils avaient déjà esquissé les contours formels de la série. Face aux historiens, chacun a pu faire émerger des thématiques, des personnages, des lignes d'intrigues et les défendre auprès des autres pour les faire adopter, ou non. Ensuite, il s'agit de se mettre d'accord sur la série qu'on a envie de construire en prenant également en compte l'économie dans laquelle elle va s'inscrire.

Comment avez-vous travaillé la question de la réalité historique par rapport à une série de fiction ?

Nous avions la chance d'être entourés d'historiens férus de séries et dont la réflexion sur ce lien entre fiction et réalité historique était riche et nourrie d'exemples. Ils savaient penser en terme de « besoin dramaturgique » et étaient de vraies force de proposition quand la réalité historique résistait à nos envies de personnages et d'intrigues. Mais nous étions tous d'accord pour nous placer du côté de la fiction : tout ce qui n'était pas su et admis comme vérité historique avait le droit d'être inventé.

Sans dévoiler le résultat de votre travail, quels sont les grands axes qui composent aujourd'hui ce projet de série ?

Je peux dévoiler en tout cas ce qui nous a guidé : la modernité incroyable du personnage de Catherine et l'envie d'en faire un portrait différent de la veuve noire qu'on a l'habitude de représenter.