« Red Lady », l’archive en 3D à Angers

Vendredi 25 janvier - 15h30

Dans la sélection 3D Relief du festival "Premiers Plans", le public d’Angers peut découvrir "Red Lady", un essai documentaire en stéréoscopie en partie réalisé avec des films amateurs conservés par Ciclic.

"Red Lady" suit les déambulations d’une mystérieuse femme au milieu d’un monde fantastique dans un passé récréé à l’aide d’images d’archives fixes et animées.

C’est Milosz Hermanowicz, monteur franco-polonais ayant grandi en France et habitant en Pologne, qui est l’auteur de cet essai expérimental. Depuis plusieurs années, il s’intéresse à la question de l’archive et aux aspects artistiques de la création en 3D. Dans les nombreux festivals qui se créent en Europe autour de cette technologie, les films qui utilisent de l’archive exploitent pour beaucoup des images fixes stéréoscopiques. Les premières photographies stéréoscopiques apparaissent en effet dès les années 1840. Elles sont très répandues jusque dans les années 1930 et peuvent ainsi constituer un réservoir d’archives pour le documentaire en 3D aujourd’hui. Milosz Hermanowicz évoque par exemple le documentaire « War of wars » de Jonathan Kitzen (USA – 13 min), primé au festival « Dimension 3 » à Paris en 2012 et réalisé à partir de 5000 photographies stéréoscopiques prises pendant la bataille de la Somme en 1916.

Avec "Red Lady", Milosz Hermanowicz voulait se pencher sur les émotions pouvant être réveillées par le mariage de l’image d’archive film à l'image d'archive fixe en relief. Il commence donc à travailler à partir de photographies stéréoscopiques prêtées par un collectionneur de Varsovie pour créer une partie des décors de son film, qui nous font voyager de la Finlande à l’Angleterre via le Danemark… Puis, il intègre des scènes et des personnages extraits de films amateurs anciens conservés par le pôle patrimoine de Ciclic. Les silhouettes 2D se déplacent ainsi à travers un décor en 3D. Très rapidement ressort des archives et s'impose à Milosz une dame en rouge dont il commence à suivre les déplacements dans « ce lointain pays du passé ». À ces séquences montrant une vie quotidienne paisible et insouciante, complétées par des photographies traitées en relief et un plan sur un couple amoureux, succèdent des images de souffrance suggérant l’aliénation, la violence du colonialisme… La rupture est également formelle puisque Milosz Hermanowicz choisit de traiter cette séquence uniquement en images fixes, utilisant le collage, la superposition des images, se rapprochant des visages. Après ce « cri », inscrit aussi dans la bande sonore de Dariusz Wancerz, complétée par la musique de Krzysztof A. Janczak, réapparaît alors la tranquille dame en rouge.

Réalisé en quelques semaines pour expérimenter le mélange de techniques 3D et d’images d’archives, le film a déjà été montré dans un festival à Prague. Il sera présenté dans une galerie photographique de Varsovie à l’été 2013 et probablement au Beyond Festival de Karlsruhe en Allemagne en octobre prochain. Milosz Hermanowicz travaille aujourd’hui à un projet plus ambitieux, s’appuyant cette fois-ci sur le fonds stéréoscopique d’un célèbre photographe du XXe siècle.

À suivre...