Publié le 02/06/2014

Mises en Cène

Retour sur deux films d'ateliers, réalisés en 2012-2013, par les élèves de première option de spécialité cinéma audiovisuel du lycée Rotrou de Dreux.

Réussies ou manquées, attendues ou craintes, les fêtes ou les rassemblements sont de puissants révélateurs de vérité pour la plupart des familles. Moments de partage, vecteurs de mémoire, elles peuvent aussi être le lieu où se jouent conflits et règlements de compte.  À quoi répond le besoin de se réunir et de se réjouir en famille ? Pourquoi certaines familles sont-elles incapables de faire la fête ? Comment se comporte l’individu face au groupe ? Le cinéma a souvent tenté d'apporter des réponses à ces questions à travers de nombreuses œuvres telles que : Festen de Thomas Vinterberg, La bûche de Danièle Thompson, Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin ou Milou en mai de Louis Malle. Les élèves de première option de spécialité du lycée Rotrou de Dreux ont, eux aussi, porté leurs regards d’adolescents sur ces questions qui, chaque année, se posent à l’approche des fêtes de Noël

Repartis en deux groupes, les élèves se sont prêtés au jeu et ont réalisé deux courts métrages de fiction traitant la question de l’individu au sein d’un groupe et ont tenté de répondre à la question : comment un individu se détermine et se détache au sein d’un groupe ? 

Les élèves se sont lancés dans l’écriture des scénarii en choisissant la famille comme groupe d’individus. Ils avaient à cœur de montrer que la notion de point de vue au cinéma peut mettre à mal l’individu et que ce dernier peut perdre souvent face au groupe. Ces deux travaux ont été l’occasion de développer le travail de direction d’acteurs, les élèves faisant appel à des adultes pour la plupart des personnages. 
Les séances de préparation et de tournage ont permis aux élèves de se rendre compte de l’importance des dialogues qui agissent comme de véritables armes dans le récit. Si les deux films choisissent de traiter la famille rassemblée autour d’un repas, ils diffèrent néanmoins par leur mise en scène. Il s’agit d’isoler les personnages et de faire éclater le groupe au fur et à mesure du récit dans Funky Christmas. Les bougies choisit de mettre à l'écart le personnage principal face au reste du groupe soudé, dès le début de la diégèse jusqu’à sa toute fin. 

Ces travaux se distinguent du film de Vinterberg régi par les lois du Dogme 95 : utilisation de lumières artificielles, fixité des images, sons et accessoires aditionnels, ... Ils témoignent néanmoins de l'atmosphère grave et pesante mise en place par le dispositif filmique. Réfléchir sur les liens qui unissent une famille, c’est aussi apprendre à les défaire et c’est bien cela que les élèves ont mis en œuvre dans ces deux propositions.