Publié le 11/03/2013

L'ombre de lui-même

Option facultative du Lycée Rabelais, Chinon

(année scolaire 2011-2012) 

Synopsis
L'Ombre de lui-même (3 minutes 17)
Un mythe de création de l'ombre humaine conçu comme un tour du côté obscur de nous-mêmes.

Déroulement de l'atelier

Ligne générale.
La pratique artistique était centrée sur la réalisation d'un court métrage d'animation utilisant la technique du théâtre d'ombres ainsi que le jeu de lumières et de couleurs. Après avoir assimilé les principes de l'animation, l'évolution des techniques et des modes de production, les élèves ont rédigé un scénario en élaborant le récit d'un mythe, puis ils ont élaboré les silhouettes de leurs personnages, les décors et les atmosphères voulues, avant de tourner et de monter leur film. Deux œuvres ont servi de références au sein de ce parcours de réalisation : Les Aventures du Prince Ahmed, de Lotte Reiniger, cinéaste allemande qui réalise en 1926 le premier long métrage connu du cinéma d'animation ; et les contes merveilleux de Michel Ocelot réunis sous le titre de Princes et Princesses, paru en 2000.

Premier module : initiation aux principes de l'animation, écriture et préparation avec Camillelvis Théry (cinq demi-journées)
30 septembre, 21 octobre, 25 novembre, 13 janvier, 20 janvier
L'intervenant s'est attaché à définir la spécificité de l'animation, le principe du film « image par image », en variant les supports, les matières et les techniques dans les extraits et les films abordés. Dès la première séance il a proposé aux lycéens de matérialiser ce principe par la confection de thaumatropes et de folioscopes, avant de les faire manipuler le logiciel IstopMotion au travers d'exercices de pixillation.

Puis l'écriture s'est mise en place, en prenant appui sur la notion de mythe au cœur du projet. La classe s'est donc intéressée au cinéma porteur de mythes suivant deux perspectives : L'analyse du récit et de la mise en scène cinématographiques fondés sur une mythologie individuelle ou collective, participant de « grands récits » ou de « récits fondateurs » tels que la légende, le conte, la parabole. L'application au domaine du cinéma d'animation d'une technique particulière, le théâtre d'ombres ou les silhouettes animées, capable de figurer cet autre monde, au-delà du visible, requis par le mythe.

Les élèves ont ainsi proposé plusieurs sujets avant d'arrêter leur choix dans la réécriture du mythe de Pandore. Un enfant à qui sa mère raconte l'histoire de Pandore s'identifie à l'héroïne et ouvre la boîte malgré l'interdiction parentale. Une vague immense l'entraîne alors vers la révélation de la part obscure de lui-même.

Le sujet choisi, les lycéens ont défini la technique ou plutôt les techniques d'animation après expérimentation : le papier découpé et l'animation de matières (la sciure en l'occurrence) et d'objets. Puis ils se sont attelés à la fabrication du personnage, des décors et ont effectué plusieurs essais de réalisation sur table lumineuse. Un story-board détaillé a été élaboré en présence de l'intervenant.

Second module : tournage avec Camillelvis Théry (trois journées les 15, 16 et 17 février) ; enregistrement des sons et mixage avec Brice Kartmann (une demi-journée le 16 mars, une journée le 11 mai)
Trois jours de tournage consécutifs ont été nécessaires, pour lesquels trois équipes se sont succédé dans une salle du lycée aménagée pour l'occasion. Deux postes de réalisation étaient installés, l'un pour les plans larges, l'autre pour les plans serrés, à l'aide de bancs-titres artisanaux. Les lycéens ont alterné éclairage et constitution des décors, maniement de l'ordinateur et animation proprement dite. Les essais précédents ont permis la bonne marche des opérations, les élèves étant familiers de l'animation de matière et conscients des intentions et du rendu souhaité. En fin de journée les prises étaient montées dans l'ordre du film, en une sorte de pré-montage image qui permettait à l'équipe suivante de vérifier le travail effectué.

À l'issue de cette session, le film était pratiquement constitué sur le plan des images, doté d'un générique animé et d'un rendu lumière satisfaisant. Restait la bande son.

L'ingénieur du son Brice Kartmann a sollicité tout d'abord une liste de sons pour chacune des séquences, en hiérarchisant l'ambiance générale, les sons « utiles » à l'action, et les effets. Certains d'entre eux ont dû être enregistrés, la voix de la narratrice notamment, ainsi que quelques bruitages, mais l'essentiel des sons provenait d'une recherche sur banques sonores. Des plages distinctes ont été constituées, l'ambiance paisible de la chambre d'enfant, puis la scène du rêve où l'enfant découvre la boîte, le déchainement de la tempête jusqu'au naufrage sur une rive déserte, le combat avec l'ombre et le final harmonieux dans une nature colorée. L'enjeu était double : rester cohérent tout en suggérant ders sensations et des émotions de manière indirecte au moyen des timbres, de l'intensité et de la hauteur sonores.

Une fois la bande son synchronisée avec les images, l'intervenant a procédé au mixage en présence des élèves, jusqu'à l'élaboration d'une véritable partition sonore.

Projections publiques des films

Les films ont été diffusés le mardi 12 juin 2012 au cinéma Le Rabelais de Chinon, devant plus de 250 spectateurs. Un DVD regroupant l'ensemble des travaux d'année a été réalisé. Il a été diffusé à l'ensemble des élèves participants, aux enseignants, aux intervenants, ainsi qu'aux partenaires.