Publié le 28/05/2014

L'Animal dans l'Égypte ancienne

Philippe et Marie Huet
Préface d’Alain Zivie - 108 photographies de Philippe Huet

Saint-Claude-de-Diray : Éditions Hesse, 2013. - format 24 x 24 cm. - 160 p. - ISBN : 978-2-35706-026-5. - prix : 32 €

"En Égypte, pendant plus de 3 000 ans, des hommes ont bâti des monuments étonnants, écrit une longue histoire avec les hiéroglyphes, imaginé un système politique, social, économique et religieux très élaboré.

Dès l’origine, les animaux prennent une place prépondérante dans la vie quotidienne. C’est le début de la domestication sur les rives du Nil : vaches, chevaux, moutons et chiens apparaissent, peut-être apportés par des voyageurs venus du Moyen-Orient. De nombreuses espèces appartenant alors à la faune africaine, aujourd’hui disparues d’Égypte, sont présentes à l’état sauvage : lions, léopards, guépards, girafes, hippopotames, crocodiles, lycaons, hyènes. Les bords du Nil regorgent d’oiseaux : canards, oies, échassiers, pélicans, hérons, martins-pêcheurs, ibis, sédentaires ou migrateurs venus du Nord, d’Europe ou d’Asie. Dans le ciel planent des vautours de plusieurs espèces, des faucons et des aigles, dans les arbres vivent une multitude de passereaux et, sur les falaises qui bordent le désert, les chouettes hantent les fissures de la pierre.

La civilisation égyptienne a toujours puisé ses croyances, ses symboles et ses mythes au cœur même de la nature et de la faune sauvage. L’un des premiers pharaons connus, il y a 5 200 ans, se fait appeler le Roi-Faucon. Cet oiseau est ensuite devenu l’animal sacré par excellence, celui du dieu Horus, fils d’Osiris et d’Isis. De nombreux animaux sont devenus des représentations de dieux : le chacal, le bélier, le serpent, le chat, la vache, l’ibis, le lion, le crocodile, le babouin, chacun ayant sa propre symbolique. D’autres sont utilisés sur les premiers hiéroglyphes : la chouette, le poussin de caille, l’hirondelle, l’ibis, le vautour, l’abeille, la vipère, le lion couché.

Sur les murs des tombeaux et des temples, les artistes de l’époque ont rarement représenté les animaux sauvages d’après nature. Ils les ont cependant gravés ou dessinés dans des hiéroglyphes, des scènes d’offrande, des représentations de divinités, des scènes de chasse (canards, hérons, antilopes, hippopotame, buffle, etc.). Dans l’immense temple de Karnak, à Louqsor, Le Jardin Botanique est un lieu unique et passionnant pour la naturaliste : pas moins de trente-huit espèces d’oiseaux ont été gravées, souvenirs d’un long voyage au Moyen-Orient du pharaon Thoutmôsis III, environ 1450 av. J-C."

Philipe et Marie Huet, tous deux naturalistes, voyagent en Égypte depuis plus de dix ans, et se sont passionnés pour les représentations animales dans les temples et les tombes de la vallée du Nil. Leur quête montre l’étonnante diversité des représentations de la faune sauvage et domestique, et surtout l’extraordinaire qualité des œuvres d’artistes anonymes qui ont su graver, sculpter, peindre, dessiner avec autant de maîtrise et d’élégance.

Alain Zivie, préfacier, est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, chef de la Mission archéologique française du Bubasteion à Saqqara et président fondateur de l’association Hypogées.