Journées professionnelles "Archives en chantier"

Vendredi 4 avril 2014

Le Cinéma L'Apollo - Maison de l'image et le pôle patrimoine de Ciclic vous invitent, vendredi 4 avril, à une table ronde professionnelle conçue pour approcher la diversité des démarches cinématographiques impliquant des archives visuelles ou sonores.

Au programme :

De 9h45 à 16h : quatre cinéastes nous présenteront leurs films en cours d'écriture, de tournage ou de montage.

Archives brutes, essais de séquences ou montages en cours complètent la présentation et nourrissent les discussions avec l'auditoire. Documentalistes, réalisateurs, archivistes, acteurs des médiathèques, producteurs, monteurs, sont invités à découvrir ces projets et à les questionner du point de vue de leurs propres pratiques. Didier Husson conduira les échanges avec les cinéastes et le public.

De 16h15 à 17h45 : Usages et mésusages des images d'archives de la Première Guerre mondiale

Conférence proposée par Laurent Véray, professeur à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, historien du cinéma, spécialiste de la période 1914-1918 et du cinéma français de l'entre-deux-guerres. Ses travaux portent également sur les écritures audiovisuelles de l'Histoire et la problématique de la reprise des images et des nouveaux usages des archives. Il est l'auteur de nombreuses publications et a réalisé plusieurs films ou installations vidéo sur la Première Guerre mondiale.

Il s'agira, dans cette communication, de montrer la spécifité des images d'actualité enregistrées entre 1914 et 1918, avant d'évoquer les différents remontages de ces images dont le sens change en fonction des contextes historiques et mémoriaux. 

Suite à cette journée professionnelle, vous pourrez assister aux deux séances qui suivront :
18h30 : La Cicatrice, une famille dans la Grande Guerre (Laurent Véray, 2013). Présentation et échanges avec Laurent Véray.
20h45 : Verdun, Visions d'Histoire (Léon Poirier, 1928). Ciné-concert - Accompagnement au piano par Hakim Bentchouala-Golobitch

Projets présentés :

Clara et la vie imaginée de Giulia Casagrande
Clara a 86 ans et sa mémoire est de plus en plus fragile. Tandis que sa vie quotidienne lui échappe, elle évoque par bribes les souvenirs de son enfance sous le régime Mussolinien. Les images de la guerre qu'elle a vécue dans sa propre chair, des scènes de films d'époque qu'elle a aimés et l'ont aidée à rêver une vie différente, lui reviennent en permanence. Dictature, guerre et cinéma constituent les pôles à partir desquels se forge la vie de Clara : son imaginaire et ses idéaux, ses peurs et ses désirs. À travers des photos, des fragments de films d'amateurs, de propagande et de fiction, je recompose l'histoire de ma grand-mère. Comme les morceaux d'un puzzle, au fur et à mesure, ils deviennent le film de sa vie.

A propos de Joseph G. de Jean-Luc Cesco
Muguette est ma voisine. Il y a quelques années, j'ai acheté l'appartement de son père, Joseph G., mort à 101 ans. Depuis, elle vient souvent me parler de lui. A la fin de sa vie, elle avait enregistré sa voix. Un jour, je retrouve une bande sonore où mon père me parlait de son père. Ces voix des pères et leurs fantômes, nous partons ensemble sur leurs traces. Dans le film, nos deux histoires se rejoignent, se mélangent, se répondent.

Au risque de se perdre de Jean-Claude Taki
Marc Perlot a passé son enfance en banlieue, avec sa mère, hôtesse de l'air sur la ligne Paris-Moscou. Elle parlait russe par plaisir ou idéologie, les deux sans doute. Il nʼa jamais connu son père. De cette époque, il ne lui reste que quelques souvenirs épars. Une scolarité sans histoire et le travail lui font découvrir le monde. Un jour, le travail le ramène sur les lieux de son enfance. En charge de l'évacuation d'un immeuble, avant sa démolition, l'homme s'interroge sur son parcours, sur les parcours de vie qu'il croise. L'espace physique devient caisse de résonance de l'humanité qui l'habite, qui compose avec lui, le transforme ou se transforme. L'espace physique, alors devenu espace mental ou métaphysique.

Sages comme des images de Sonia Cabrita
Le Portugal est plongé dans l'oubli et l'indifférence. Ici, peu de mots sur la grave crise qu'il traverse et là-bas la résignation semble l'emporter. Je me penche sur son passé, et là sous mes pieds, j'exhume une histoire particulièrement riche et rugueuse. La petite ville de Silves était un haut lieu d'agitation, le « Silves Futebol Clube » créé par de jeunes ouvriers incarnait cet esprit rebelle et tout spécialement Francisco Marques Guerreiro, son joueur adulé. Je pars sur les traces de ces fantômes. Entre le document, l'enquête et la fiction, entre la légende et l'oubli, se tisse une histoire, bien réelle celle-là d'un présent sans échappatoire. Au milieu des vestiaires, d'autres personnages et récits turbulents remontent pourtant à la surface et des rêves politiques s'esquissent dans les gradins.