Publié le 12/02/2019

Deux prix décernés à "Quelle folie" de Diego Governatori au FIPADOC 2019

Le Festival International Documentaire (FIPADOC), qui s'est déroulé du 22 au 27 janvier 2019 à Biarritz, a récompensé Quelle folie de Diego Governatori avec le Grand prix documentaire national et le prix Mitrani.

Un portrait ravissant

Avec Quelle folie, Diego Governatori fait le portrait d'Aurélien Deschamps, un ami très proche atteint du syndrome autistique d'Asperger. Le film propose un dialogue entre deux proches, avec une proximité et une intimité poignante. Aurélien nous explique la complexité du syndrome dont il souffre : le vertige qui l'empêche de dire ce qu'il a envie de dire, qui complique son intégration dans la société. C'est le témoignage touchant d'un jeune homme d'une grande intelligence et d'une grande sensibilité, au milieu du rassemblement de la foule aux moments des lâchers de taureaux dans les rues de Pampelune en Espagne. Cette construction donne un contraste fort entre l'intimité des paroles d'Aurélien et l'immensité de la foule. Ainsi, le réalisateur questionne le lieu de la folie et de la violence (verbale et physique) en mettant en parallèle les paroles d'Aurélien et les courses de taureaux tant appréciées par la foule. Aurélien nous transmet un espoir en la société et au monde, il nous offre une autre perception de l'autisme avec une sincérité immense qui donne à réfléchir.

À travers ces déambulations dans des paysages infinis ou des rues bondées, Aurélien a parfois des difficultés à avancer au milieu de cette foule et de la pollution sonore qui l'agresse. Il alterne marche, dialogue et s'arrête pour tenter d'expliquer le syndrome d'Asperger en cherchant les mots justes, avec des phrases et des références percutantes et convaincantes.

Les paroles sont également enrichies par les images de Diego Governatori : caméra à l'épaule, gros plans, cadre et construction des plans. Tous ces éléments donnent une proximité avec Aurélien et une signature stylistique certaine de la part de l'auteur. 

Ce film a bénéficié d'un soutien à la production de Ciclic Centre-Val de Loire en partenariat avec le CNC.