Publié le 26/08/2014

Ciné-Clap : 1er prix pour les lycéens d'Ingré !

Le vendredi 6 juin dernier, à Chartres, au cinéma Les enfants du Paradis a eu lieu la proclamation du palmarès de l’édition 2014 du festival Ciné-Clap.
Dans la catégorie "films de lycée", plus de vingt films étaient en compétition.
Le court métrage Les Tribulations d’une toile écrit, réalisé et monté en 2013 par un groupe de 6 élèves de terminales de l’option facultative cinéma du lycée Maurice Genevoix à Ingré (45) a remporté le premier prix.

Ciclic est partenaire culturel de l’option facultative cinéma-audiovisuel du lycée Maurice Genevoix d’Ingré dans la mise en oeuvre des projets de réalisation tout au long de l'année.

Mathilde Dolléans, Charlotte Morin, Adèle Simper, Ludwig Zagozda, Chloé Chesneau et Gwendoline Lefebvre, encadrés par le réalisateur Lorenzo Recio et leur enseignante, Marianne Deveaux, ont proposé, selon le jury, "une histoire très originale, qui évoque différentes étapes de la vie d’un tableau (de sa naissance à sa consécration dans un musée, en passant par sa presque disparition sous les mains d’un SDF sur le point de le brûler) en adoptant le point de vue du tableau lui-même, qui n’est donc jamais à l’image mais constitue le cadre où défilent divers personnages permettant de montrer la non moins diversité des réactions que peut susciter l’art". Le jury a aussi particulièrement été sensible à l’énorme travail réalisé sur le son (le film a été entièrement retravaillé au moment du montage "à la façon d’un Tati", selon le Président du jury, le réalisateur Claude-Timon Gaignaire) et au choix des musiques du film.
Quatre élèves du groupe, Mathilde, Ludwig, Charlotte et Adèle, sont venus défendre avec brio leur production qui a bénéficié du soutien financier de la DRAC et de l’opération "Aux arts, lycéens" de la Région Centre.

Marianne Deveaux, enseignante de lettres et de cinéma, revient sur le processus de création du film :

De l’idée à l’écriture
"Les élèves ont travaillé sur les différents liens qui peuvent unir cinéma et peinture : en travaillant sur des réalisateurs influencés par la peinture comme Jean Renoir ou Fritz Lang, puis en voyant d'autres liens possibles, et notamment comment, dans certains films, le tableau peut devenir un véritable personnage (nous avons analysé Le Portrait de Dorian Gray, d'Albert Lewin).
Les élèves ont ensuite dû écrire un scénario exploitant l'un de ces liens possibles entre cinéma et peinture. Très vite, ce groupe a souhaité travailler dans une double direction : à la fois raconter la "vie d'un tableau" et montrer la diversité des réactions qu'une œuvre d'art peut susciter (intérêt mercantile des acheteurs d'art, intérêt émotif du couple, intérêt pratique du SDF cherchant à se réchauffer, etc.).
L’idée de départ étant que le spectateur partage le point de vue du tableau, il a été décidé de ne jamais le montrer lui-même.
C'est à cette étape que les élèves ont conçu les transitions entre les différents plans.
Les élèves ont fait preuve de beaucoup de créativité pour assurer la liaison entre les séquences passant par le tableau lui-même : les élèves ont fixé la caméra à une planche, ce qui a permis aux personnages de le manipuler."

Le tournage
"Il a fallu réfléchir à la profondeur de champ : puisque toutes les séquences étaient en plan-séquence, il fallait animer le cadre de l'intérieur pour que le résultat ne soit pas statique."

Le montage
"Le montage a été le moment d'un travail extrêmement fouillé sur la bande-son. Même si l'objectif du film muet était posé, des sons et des dialogues ont été enregistrés à chaque prise.
Au moment du montage, le choix du muet n'a été conservé que pour la première séquence (ce qui se justifie par l'époque de création du tableau et la couleur sépia qui restitue l'impression d'un film muet); pour toutes les autres séquences, le son a été entièrement retravaillé."

Le choix du titre
"Tribulations d'une toile" a été retenu, pour la référence cinématographique à un cinéma burlesque (cf. Les tribulations d'un chinois en Chine de Jules Verne adapté au cinéma par Philippe de Broca).
Enfin, le terme "tribulations" convenait bien au périple vécu par ce tableau, "toile" ayant évidemment l'avantage de faire référence et à la peinture et au cinéma..."