Publié le 02/06/2014

Casse-tête

Option facultative du Lycée Rabelais, Chinon (37)

Année scolaire 2012-2013

Les élèves de terminale option facultative cinéma-audiovisuel du lycée Rabelais de Chinon ont réalisé un court métrage selon la technique d’animation en volume. La thématique du film partait d’un point de réflexion simple : la mise en rapport du Grand et du Petit, où autrement dit comment traduire la vision d’un personnage par rapport à un autre à travers, entre autre, des jeux d’échelle de plans et de cadrage. 

Casse-tête (4 minutes 21)

Synopsis
Le génie d’un lieu étrange voit son univers malmené par une puissance extérieure : comment échapper à la catastrophe annoncée ?

Déroulement de l'atelier

Ligne générale
La pratique artistique était centrée sur la réalisation d’un court métrage d’après le thème Grand et Petit, pour lequel les lycéens ont rédigé un scénario original requérant prises de vues réelles et animation en volume. L’écriture a nécessité beaucoup d’efforts pour parvenir à un récit cohérent, capable d’associer deux univers distincts : l’environnement d’un adolescent s’adonnant au jeu du Rubik’s Cube et le monde imaginaire d’un Génie vivant à l’intérieur du cube. À l’intrigue devait correspondre une intention d’ordre symbolique ou métaphorique, sous la forme d’une interaction entre le Dehors et le Dedans, le conflit entre la pulsion et l’esprit. Les lycéens y sont parvenus en faisant de cet être fictif une sorte de représentation idéalisée du personnage réel : soucieux d’ordre et de géométrie lorsque ce dernier respecte le jeu, manipulé et violenté dès lors que la patience du joueur s’effondre. Un être miroir de l’esprit du joueur.

Premier module : Initiation aux principes de l'animation, écriture et préparation (cinq demi-journées)
L’intervenante a défini les principes de l’animation, associés d’emblée au projet spécifique des élèves portant sur l’animation en volume. Puis elle a encadré le travail d’écriture en veillant attentivement à la faisabilité du projet, le lien entre récit du film et sa matérialisation. Le choix des marionnettes a été fixé après qu’une tentative en carton plié s’est avérée inopérante au regard du scénario. Il fallait un Génie mobile, actif, apte à « repeindre » son intérieur. Au stade du story-board, le relais a été passé à une seconde intervenante qui a poussé les lycéens à préciser leurs intentions dans les moindres détails : dimensions du décor et du personnage, ordre et texture des couleurs et des formes, amplitude et rythme des mouvements à opérer, choix des plans à tourner.

Second module : Tournage (trois journées)
La salle de classe a été aménagée en studio d’animation. Deux postes de réalisation étaient installés, l’un pour les plans larges, l’autre pour les plans serrés, les prises de vues étant effectuées au moyen d’appareils photos HD. Encadrés avec précision pour les consignes mais en autonomie pour la mise en œuvre, les lycéens ont alterné éclairage et constitution des décors, maniement de l’ordinateur et animation proprement dite.
Au terme de ces séances les élèves ont monté leurs images en alternant séquences animées et prises de vues réelles (effectuées en autonomie avant le tournage proprement dit). Au total le film, intitulé Casse-Tête, dure près de 4 minutes et se montre très fidèle aux intentions de départ : confronter deux univers aux dimensions distinctes, proposer une esthétique originale et engager une réflexion pertinente sur le point de vue au cinéma.

Troisième module : Enregistrement des sons et mixage (deux journées)
L’ingénieur du son Brice Kartmann, sur la base d’une liste de sons pour chacune des séquences, comprenant l’ambiance générale, les sons « utiles » à l’action, et les effets, a permis aux élèves de concevoir et d’enregistrer les sons relatifs à l’univers imaginaire du Génie. Chaque séquence réclamait sa dimension sonore, en fonction des couleurs dominantes, et des sensations et émotions du personnage. Lorsque le personnage réel empiète sur son univers, il a fallu imaginer et réaliser les sons consécutifs aux perturbations du cube, moduler la réverbération et l’intensité des sons provoqués par le joueur au dehors. Lors du mixage, il a fallu synchroniser tous ces éléments sonores avec les images, soigner les entrées et les sorties de plans, veiller à la nette hiérarchisation des sons à l’intérieur du plan.

Projections publiques du film
Le film a été projeté le mardi 4 juin 2013 au cinéma Le Rabelais de Chinon avec les autres réalisations de l’option, devant près de 300 spectateurs.