7 - Répartition des soutiens par genre


Rappel données 2017 :

LM : 34,1 M€ / 369 aides / 45,4% | F-TV : 12,8 M€ / 171 / 17,1% | DOC : 10,8 M€ / 675 / 14,4 % CM : 7,5 M€ / 350 / 10% |  ANIM : 6,9 M€ / 89 / 9,2% | NMEDIA : 2,1 M€ / 106 / 2,8%

Rappel données 2016 : 

LM : 30 M€ / 322 aides  / 47,2% | DOC : 9,7 M€ / 608 / 15,3% | F-TV : 9,7 M€ / 102 / 15,3% | CM : 7,3 M€ / 379 / 11,5% ANIM : 4,9 M€ / 82 / 7,7% | NMEDIA : 1,5 M€ / 92 / 2,4%


36,5 M€ : le long métrage au plus haut

Après le record de 34 M€ atteint en 2017, soit son plus haut niveau, le long métrage en 2018 a une fois de plus fait l’objet de toutes les attentions de la part des collectivités locales en atteignant une enveloppe jamais égalée de 36,47 M€.  Cette augmentation de près de 7% est, certes, moins importante que les 13,5% de 2017 mais cela représente tout de même 2,36 M€ de crédits supplémentaires en un an. Avec 29,4 M€ et 293 aides, soit 80,7% de l’enveloppe globale, les aides accordées au long métrage sont très majoritairement dévolues aux projets de fiction. Le long métrage documentaire voit sa dotation augmenter de 13% en un an, + 372 000 € pour un total de 2,6 M€ et connaît un renouveau avec 90 aides (contre 69 l’année précédente). Le long métrage d’animation – pourtant soumis à des cycles de production plus longs – gagne 8 aides en plus par rapport à l’année passée pour un total de 47 aides et un budget de 4,38 M€, en recul de plus de 600 K€ par rapport à 2017.

Notons tout de même une moyenne d’intervention qui baisse cette année de 8% : 92 448 € en 2017 et 84 820 € en 2018. Avec une augmentation de 6,92% des crédits et une hausse du nombre d’aides de 16,53%, les collectivités ont globalement aidé plus de projets mais avec des montants moins importants.

Comme en 2017, 25 collectivités, dont l’intégralité des Régions, ont apporté un soutien au long métrage et particulièrement à l’étape de la production (90,3% des crédits). Elles ne sont plus que 19 à intervenir sur les étapes d'écriture ou de développement et seulement 2 accordent des aides après réalisation (Ile de France et Occitanie).

▲Top 5 Long métrage

ILE-DE-FRANCE : 13 759 000 € (102 aides) / 134 892 € de moyenne
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES CINÉMA : 3 337 000 € (21 aides) / 158 905 € de moyenne
NOUVELLE-AQUITAINE : 3 227 000 € (64 aides) / 50 422 € de moyenne
PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR : 2 685 000 € (32 aides) / 83 906 € de moyenne
OCCITANIE : 2 094 500 € (24 aides) / 87 271 € de moyenne


Court métrage : un regain des crédits (8,3 M€) et des aides (408)

Après trois années de relative stabilité, les crédits pour le court métrage connaissent un regain, passant de 7,5 à 8,3 M€ et de 350 aides à 408. A l’image des crédits du long métrage, cette enveloppe est la plus forte jamais consacrée par les collectivités au court métrage. 68% des crédits sont destinés à 275 projets de fiction (5,65 M€), 24% à 90 projets d’animation (1,98 M€) et 8% à 43 œuvres documentaires (0,67 M€).

En termes d’évolution, les trois genres représentés bénéficient tous, dans diverses proportions, de cet accroissement : +17,8% pour le documentaire, +8,5% pour l’animation et +11% pour la fiction.

A l’image des moyennes d’intervention observées pour le long métrage cette année, les collectivités ont baissé leurs soutiens moyens pour le court métrage de 5% par rapport à l’année précédente (21 410 € en 2017 et 20 366 € en 2018).

24 collectivités, soit une de moins par rapport à 2017, investissent ce genre dont les crédits s’adressent à 88% à des œuvres aidées à l’étape de la production. 14 collectivités accompagnent des oeuvres dès l'écriture ou le développement et 7 sont présentes pour des aides après réalisation.

▲Top 5 Court métrage

NOUVELLE-AQUITAINE : 1 181 000 € (55 aides) / 21 473 € de moyenne
GRAND EST : 786 250 € (37 aides) / 21 250 € de moyenne
HAUTS-DE-FRANCE : 611 500 € (35 aides) / 17 471 € de moyenne
CENTRE-VAL DE LOIRE : 569 500 € (30 aides) / 19 633 € de moyenne
BRETAGNE : 573 500 € (23 aides) / 24 913 € de moyenne

Fiction TV : seul genre en retrait sur 2018… à 11,5 M€

Qu’on ne s’y trompe pas, les crédits relatifs aux soutiens de série et unitaire de fiction restent encore à un niveau élevé pour atteindre 11,51 M€, la 2ème enveloppe la plus importante après l’année record de 2017 (12,8 M€), soit un investissement moindre de l’ordre de 1,3 M€ (-10,2%) et 6 aides accordées en moins en 2018.

L’enveloppe allouée aux projets « unitaires » est assez stable, + 3,6% et 120 K€ en plus sur l’année. En revanche, le nombre de projet unitaire aidé est passé de 88 à 77, soit 11 projets en moins, signe d’une volonté de mieux financer, quitte à soutenir moins de projets. A l’opposé, le nombre des projets de série passe de 83 à 88 aides mais pour une enveloppe qui elle baisse de 17,5%, de 9,4 M€ à 8 M€ ; de fait la moyenne d’intervention passe de 113 707 € à 90 950, en baisse de 20% pour les projets de série.

Le développement d’une offre numérique (offres des chaînes linéaires, plates-formes natives) d’une part et la multiplication des séries de format court ou très court a pour conséquence une explosion de la diversité des formats. Ainsi, en série, les formats courts (26’ et moins de 26’) sont presque aussi nombreux que le traditionnel 52’ (36 aides pour les moins de 26' et 44 aides pour les 52').

Côté unitaire, le 90’ poursuit son retour en grâce entamé en 2017 (38 aides) mais dans ce segment aussi, l’unitaire se conçoit en format plus court.

On assiste donc globalement à un bouleversement du format de diffusion et il conviendra d’observer au cours des prochaines années les évolutions relatives à ces différents formats.

Genre parmi les plus prisés, notamment pour les fonds les plus importants, la fiction TV a reçu le soutien en 2018 de 16 Régions, 6 Départements plus Strasbourg. C’est une collectivité de plus que l’année précédente avec l’arrivée du Département de la Drôme.

La réforme territoriale avait fait craindre la disparition des investissements à l’échelon départemental, notamment sur la fiction TV, seulement 3 présents en 2016 (plus Strasbourg). L’analyse 2018 semble démontrer l’inverse : 6 Départements sont présents (dont 4 sur la seule Nouvelle-Aquitaine).

Plus marquants encore que pour n’importe quel autre genre, 98% des crédits sont attribués à l’étape de la production des programmes.

▲Top 5 Fiction TV

ILE-DE-FRANCE : 1 563 000 € (11 aides) / 142 091 € de moyenne
HAUTS-DE-FRANCE : 1 359 000 € (10 aides) / 135 900 € de moyenne
GRAND EST : 1 231 060 € (27 aides) / 45 595 € de moyenne
NOUVELLE-AQUITAINE : 989 000 € (27 aides) / 36 652 € de moyenne
PROVENCE-ALPES-CÔTES D'AZUR : 870 000 € (10 aides) / 87 000 € de moyenne

Animation : 7,38 M€ contrastés

Depuis 2015, l’analyse des chiffres relatifs à l’animation met en lumière le caractère cyclique des investissements, notamment lié aux temps de production. 2017 avait connu une forte hausse de + 40%, 2018 se révèle être également un bon cru avec 7,37 M€ de crédits, et  6,3% d’augmentation.

Comme chaque année, la série d’animation s’arroge la part du lion avec 6,8 M€, soit 92% des crédits. Les bouleversements nés de l’annonce de la fermeture de France 4 en linéaire au profit d’une offre délinéarisée d’une part, la cession de Gulli d’autre part pourront avoir des conséquences non négligeables sur la volonté des collectivités – hors celles historiques dans ce soutien – d’investir davantage dans les années à venir.

Avec la Corse qui a accordé une aide à la production, le nombre de collectivités soutenant l’animation passe de 14 à 15 dont 12 Régions en 2018. Les 3 Départements qui complètent le tableau de cette analyse sont situés sur des territoires où le secteur économique de l’animation est historique (Charente) ou en pleine croissance (Haute-Savoie et Drôme).

▲Top 5 Animation

HAUTS-DE-FRANCE : 1 394 000 € (12 aides) / 116 167 € de moyenne
NOUVELLE-AQUITAINE : 1 227 000 € (19 aides) / 64 579 € de moyenne
CHARENTE : 980 000 € (14 aides) / 70 000 € de moyenne
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES : 842 000 € (19 aides) / 44 316 € de moyenne
ILE-DE-FRANCE : 744 000 € (4 aides) / 186 000 € de moyenne

11,7 M€ pour le documentaire, l’unitaire plébiscité

Avec une enveloppe « record » de 11,7 M€, les collectivités font la preuve d’un vif intérêt pour ce genre en croissance de 7,8% en 2018.

Le nombre de projets aidés explose en 2018 passant de 646 à 705… dont 102 soutenus dans le cadre des COM (99 en 2017).

92% des projets aidés sont des unitaires et soulignons que 15,3% des crédits accompagnent des projets à l’écriture ou au développement.

21 collectivités soutiennent ce genre cette année, dans une totale continuité pour les Régions, avec 2 nouveaux Départements impliqués (Lot et Garonne et Charente ayant accordé chacun 1 aide) et 2 Départements n’ayant pas accordé d’aide en 2018, l’Ardèche et la Drôme. Elles interviennent toutes en production, 16 collectivités soutiennent l'écriture et le développement des oeuvres et 1 seule, la Corse intervient après réalisation.

▲Top 5 Documentaire

ILE-DE-FRANCE : 1 429 000 (34 aides) / 42 029 € de moyenne
CORSE : 1 391 561 € (63 aides) / 22 088 € de moyenne
HAUTS-DE-FRANCE : 1 230 000 (85 aides) / 14 471 € de moyenne
GRAND EST: 1 116 620 € (73 aides) / 15 296 € de moyenne
BRETAGNE : 970 348 € (88 aides) / 11 027 € de moyenne

Intérêt (re)marqué pour les nouveaux médias : +1 M€ sur un an

Les nouveaux médias qui intègrent dans le cadre de notre étude la production transmédia, les contenus documentaire et fiction pour le Web ainsi que les jeux et le multimédia suscitent de plus en plus d’intérêt de la part des collectivités.

Avec plus de 3 M€ de crédits sur 2018, leurs soutiens poursuivent leur augmentation avec un bond de 42,78% pour 125 aides (contre 106 sur 2017).

Il est intéressant de noter que cet intérêt touche toutes les catégories du genre à l’exception du Web documentaire qui recule à la fois en nombre de projets aidés (10 de moins) et en valeur (-45,4%).

26 projets de fiction Web (contre 18 en 2017) ont été soutenus pour un montant de 768 200 € (+126%). Le transmédia qui intègre de plus en plus de l’interactivité (réalité virtuelle, réalité augmentée, son spatialisé, etc.) voit également croître les crédits et dépasser le million d’euros (+17,8%) pour 70 aides (versus 55 l’année précédente). Enfin, le jeu – au sens large du terme – dépasse, lui aussi, le million d’euros de crédits (contre 643 600 €) pour 14 aides.

L’analyse de ces données met en évidence une stratégie de soutien de ces œuvres hybrides et délinéarisées de plus en plus marquée de la part des collectivités. Reste à déterminer si cette forte attention portée par les collectivités à ces nouvelles formes de création se vérifiera dans le cadre de dispositifs spécifiquement dédiés ou si ces projets intitulés aujourd'hui « nouveaux médias » tendent, à être finalement reventilés dans des dispositifs généralistes de soutien à l'animation, la fiction ou le documentaire, faisant à terme disparaitre cette analyse des projets "hybrides".

8 Régions, 1 Département (Charente), 1 Ville (Paris) et l’Euro-métropole de Strasbourg ont contribué en 2018 au soutien aux projets nouveaux médias. 3 Régions ont disparu de notre étude en un an (Pays de La Loire, Nouvelle-Aquitaine, Réunion) tandis que la Corse fait son entrée avec 2 aides et 93 200 €.

▲Top 5 Nouveaux médias

HAUTS-DE-FRANCE : 1 065 583 € (60 aides) / 17 760 € de moyenne
ILE-DE-FRANCE : 965 000 € (10 aides) / 96 500 € de moyenne
PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR : 229 000 € (9 aides) / 25 444 € de moyenne
OCCITANIE : 190 000 € (9 aides) / 21 111 € de moyenne
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES : 150 000 € (7 aides) / 21 429 € de moyenne