5 - L’évolution des crédits depuis 1997

Des crédits multipliés par plus de 10 depuis 1997

En 1997, les crédits investis par 23 collectivités totalisaient 6 M€ et représentaient 267 aides. En 2016, la somme des crédits a été multipliée par plus de 10 et le nombre d’aides par plus de 6.

Jusqu’à 2003, c’est sur l’impulsion des collectivités elles-mêmes que le système s’est mis en place. À partir de 2004, le CNC a développé son dispositif de cofinancement, intitulé « 1 euro pour 2 euros ». L’effet levier a été important puisque près de 21 M€ ont été ajoutés entre 2003 et 2006, portés à 75% par les collectivités et 25% par le CNC. Cette répartition est toujours équivalente plus de 10 ans plus tard.

Avec une enveloppe globale de 63,9 M€, 2016 devient l’année record du plus haut niveau d’engagements financiers jamais atteint par les collectivités territoriales françaises au bénéfice du cinéma et de l’audiovisuel.

Difficile de savoir si ce seuil symbolique des 60 M€ - désormais dépassé depuis 2 années consécutives – est le signe et l’affirmation de la poursuite de l’engagement des collectivités ou uniquement un pic passager et conjoncturel. Les tendances analysées au cours des prochaines années nous permettront d’en vérifier l’hypothèse …. Difficile également de savoir si cette enveloppe continuera à être globalement abondée par de nombreuses collectivités (15 collectivités proposent une enveloppe de plus d’1M€) ou si elle deviendra à terme le fait de seulement quelques collectivités continuant de maintenir leurs budgets à cet endroit, les autres ayant fait le choix pour de multiples raisons (arbitrages financiers contraints, raréfaction des projets déposés, trop grande fragilité de la filière professionnelle régionale, …) de réduire, voire supprimer, leurs fonds de soutien à sa portion congrue.

1 quart Etat / 3 quarts Collectivités

Le CNC et la plupart des collectivités impliquées dans le soutien au cinéma et à l’audiovisuel signent une convention de coopération qui encadre leurs objectifs et financements respectifs. Ces conventions proposent 3 domaines d’intervention partagés : création et production cinéma et audiovisuelle ; éducation artistique et diffusion culturelle ; aide aux salles de cinéma.

En 2016, les collectivités ont investi avec la participation du CNC, 63,9 M€ d’aides en faveur des soutiens à la création et à la production. Sur cet investissement global, le CNC s’est engagé au versement de 15,3 M€ en accompagnement direct des politiques de soutien à la création et à la production de ces territoires soit 48,6 M€ portés directement par les collectivités elles-mêmes. Cette participation de l’Etat, en recul de 500 K€ par rapport à l’année passée, représente 24 % des crédits globalement engagés en 2016* .

En 2016, 27 collectivités ont signé des conventions avec l’Etat via le CNC. Par ailleurs, 3 départements, Ardèche, Drome et Sarthe, et la Région Guadeloupe interviennent en faveur du cinéma et de l’audiovisuel sans la participation du CNC. La Métropole Aix-Marseille-Provence / Conseil de territoire Istres-Ouest Provence nouvellement arrivée dans le concert des collectivités impliquées en faveur du cinéma et de l’audiovisuel assume également seule ses engagements.

Un peu de prospective

Plusieurs collectivités ont déjà fait connaître le montant prévisionnel de leurs budgets sur 2017. Il est prématuré d’en tirer de quelconques conclusions mais certains indicateurs méritent d’être relevés.

Les Hauts de France semblent confirmer en 2017 leur politique volontariste en annonçant un budget de 7,66 M€ contre 3,96 en 2016. Même annonce pour la Région Grand Est qui verrait ses crédits augmenter de près de 30% pour dépasser les 4 M€. La Nouvelle-Aquitaine prévoit une hausse de 12,5% lui permettant d’atteindre une enveloppe globale de 6,5 M€. La Bretagne ou la Réunion annoncent également une hausse de leurs investissements.

De leur côté, la Corse, les Pays de la Loire ou Provence-Alpes-Côte d’Azur semblent préférer la stabilité.


* « les crédits affichés par le CNC sont des crédits prévisionnels, budgétés en début d’année 2016, ceux des collectivités territoriales correspondant à des crédits, recensés en fin d’année et engagés concrètement sur des projets.